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Un bénitier avec une vraie grenouille de Bénitier ?
Ca attire toujours les bonnes histoires !


Situé dans L'Eglise Saint Paul (Rue Dupleix et rue de l'Hôtel Dieu 11100 Narbonne), qui est la première église gothique de cette ville et une de plus vieille de ce style de Provence, Elle a été édifiée en 1180 sur un ancien cimetière paléochrétien (IIIe-IVe siècles).


Ce qui amuse les visiteurs, c'est sa fameuse grenouille de bénitier réaliste et taillé au fond du bénitier.

Thierry de Villepin, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

 

Et surtout, le fait qu'une de ses pattes soit cassée de manière inexplicable.


Wikiliz, Domaine, via Wikimedia Commons


Frédéric Mistral propose sa version en 1906 en se l'accaparant en s'abstenant évidemment que cette histoire vient d'ailleurs et est bien antérieure à sa version, qui est cependant excellente:

Mes origines : mémoires et récits / de Frédéric Mistral Mistral, Frédéric (1830-1914). Auteur du texte
Mes origines : mémoires et récits / de Frédéric Mistral Mistral, Frédéric (1830-1914). Auteur du texte (p502)


Cependant, il existe des versions de cette histoire bien antérieure à celle de Frédéric Mistral

Frédéric Mistral reprend l’œuvre d’un félibre narbonnais, Hercule Birat (1796-1872):

Il retrousse donc sa chemise,

Arme son bras du fort marteau,

Applique le fatal ciseau

Sur les reins de la petite bête,

Qui le laisse faire, la pauvrette!

Et, en trois coups bien ajustés,

En sept ou huit morceaux la met.

Mais, aussitôt, l'eau bénite,

En sang tout empourpré s'est réduite,

Et dans les yeux il en a l'éclaboussure.

...................................................

Le malheureux par l'épilepsie terrassé,

A l'hôpital fut transporté,

Mais Hercule Birat fait en réalité un emprunt à Jean François Aimé Perrot (1790-1867) dans une note publiée en 1840.
Visitant l’église Saint-Paul, on lui fit remarquer la grenouille sculptée au fond du bénitier et voici ce qu’on lui raconta :


« Un ancien maître compagnon forgeron […] s’était établi dans le Poitou. Il eut un fils […] Le père était dur, et l’infortuné jeune homme fut obligé de […] faire aussi son tour de France. […] Dès son arrivée, le père s’empressa de le questionner et de lui demander ce qu’il avait vu de plus remarquable dans chaque ville ; enfin, s’il avait vu la fameuse grenouille de Narbonne ? Le fils dit que non ; le père furieux le menace et le force de repartir. Le jeune homme revient sur ses pas, et, en arrivant chez la mère des compagnons, il demande au premier ouvrier de lui faire voir cette malencontreuse grenouille. Celui-ci prévint ses amis, et dès le lendemain on fut à l’église. On lui dit de regarder dans le bénitier ; mais celui qui lui montrait la grenouille du doigt, lui jeta à la figure autant d’eau bénite qu’il en put soulever ; (cela s’appelle donner le baptême à un apprenti.) Le jeune homme en colère, non de la scène qui fit rire ses amis, mais d’avoir été forcé de recommencer un voyage pour si peu de chose, prit son marteau et frappa un rude coup sur la grenouille d’où l’on vit aussitôt jaillir du sang… Le jeune ouvrier retourna dans son pays où il mourut au bout d’un an, ce qui fut attribué à son sacrilège. »


Bref, le mystère reste entier, mais les bonnes histoires restent !


Source:

Gallica
Eglise St Paul
Polymathe
Franc Maçonnerie Magazine
Hercule Birat
Jean François Aimé Perrot

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